Une exposition en hommage au peuple du Kham
Durant mon voyage en Chine durant l’été 2010, j’ai visité dans la partie ouest du Sichuan, une partie du Kham ( une des trois anciennes régions du Tibet historique ).Litang, Dege, Ganzi, Manigango, Tagong sonnent comme des destinations qui appellent au voyage, à la découverte des Khampas, tibétains de cette région.
On y voit une culture forte empreinte de religiosité. On y observe aussi un développement économique qui sédentarisent les nomades, apporte les infrastructures routières et énergétiques à une région reculée. L’urbanisation galopante est à leur porte.En y regardant de plus près, on y observe qu’il a été le premier lieu tibétain à se soulever contre l’occupant chinois dans les années 50 et qu’il a payé sa dette également durant la révolution culturelle comme le reste du Tibet au prix fort.
J’aurai pu me contenter de simplement montrer de belles images colorées de cette région en me voilant la face sur les quelques signes de malaise que je pouvais percevoir dans la population tibétaine.Les évènements de mars 2011, avec le soulèvement du monastère de Kirti, non loin de là, m’ont convaincu que mes images étaient comme des traces d’un monde qui s’efface.
Je présente donc ces photos d’apparence naïve, face au dogme communiste.Le chant révolutionnaire ‘l’Orient est rouge ‘, hymne de la révolution culturelle chinoise, est symptomatique de la répression que subit actuellement tous les tibétains. 50 ans après avoir été récité par cœur par les tibétains qui n’en comprenaient souvent pas le sens, il reste employé dans les prisons du Sichuan pour rééduquer les insurgés.
Les enfants eux apprennent des chants à la gloire du progrès économique et les adultes répondent aux sirènes de la consommation.Même si le gouvernement ne détruit plus les monastères et se targue de faire entrer les tibétains dans le 21 ème siècle, il annihile à petit feu toute une culture.
Ces images feront bientôt partie du passé si nous restons sourd à la détresse des tibétains dont tant de signes nous parviennent actuellement.
Thomas Liegeard
